Infocom (1979-1989)

Infocom (1979-1989)


Intérêt
Infocom Inc. est une société d’édition et de développement de logiciels qui a été créée en juin 1979 à Cambridge, Massachusetts (USA), et qui s’est illustrée jusqu’à sa disparition, en 1989, dans le domaine du jeu de « fiction interactive », ou jeu d’aventures textuelles, sur ordinateur.


Infocom a ses racines au sein du Massachussets Institute of Technology, institution à partir de laquelle la compagnie fut fondée à travers la réunion de membres du personnel et d’étudiants, à l’initiative de Dave Lebling, Marc Blank, Albert Vezza, et Joel Berez.

Parmi ces derniers, Marc Blank et Dave Lebling avaient développé dès 1977 et dans le cadre du prestigieux laboratoire de science informatique du MIT un jeu d’aventures inspiré par Colossal Cave / Adventure (1972), le premier titre du genre. Ce jeu uniquement textuel —comme toutes les créations fonctionnant alors sur Mainframe— tournait sur le PDP-10 du laboratoire et pouvait bénéficier d’un système révolutionnaire de compression de texte qui permettait de contourner les limites imposée par la taille de la mémoire.


L’architecture de ce système reposait sur l’alliance entre un langage de programmation dédié, nommé ZIL (pour Zork Implementation / Interactive Language), et une machine virtuelle nommée Z-machine : ZIL permettait de compiler du texte interactif en un code compact, lequel pouvait fonctionner sur n’importe quel système équipé de la Z-machine. Cette trouvaille ingénieuse permettait aux programmeurs de s’affranchir (partiellement) du matériel : il n’était plus nécessaire d’adapter chaque jeu indépendamment des autres, mais il suffisait d’adapter la Z-machine sur laquelle fonctionnaient les jeux à de nouvelles architectures matérielles. En outre, l’interpréteur de syntaxe créé pour l’occasion permettait le traitement de phrases complexes en langage naturel (en Anglais), telles que : “Get everything that is on blue table except the small saw and the big hammer”, là où les autres interpréteurs se limitaient généralement à des phrases simples, du type verbe-complément d’objet.

Le jeu de Marc Blank et Dave Lebling devint éventuellement Zork I et fut commercialisé en 1980, d’abord pour les ordinateurs TRS-80, par Infocom, la société créée entre-temps par eux. Adapté ensuite sur de nombreux systèmes, Zork devint un best-seller international, notamment sur IBM PC.


Lebling et Blank développèrent ensuite plusieurs jeux en utilisant le même système, et ils durent faire appel à d’autres créateurs pour les implémenter sur la plupart des ordinateurs existants (dont Steve Meretzky) : Infocom développa et édita ainsi le reste de la série Zork, The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy, basé sur l’œuvre de Douglas Adams, ou encore A Mind Forever Voyaging. Suivant l’évolution du marché, la Z-machine fut « portée » sur la plupart des plate-formes de l’époque : Apple II, Atari 400/800, IBM PC, Commodore 64, CP/M, Texas Instruments TI-99/4A, puis Amstrad CPC et PCW, Commodore Plus/4, Commodore 128, Apple Macintosh, Atari ST, ou encore Commodore Amiga.

Contrairement à la plupart des jeux vidéo, dont la « vie » commerciale était généralement courte, les titres d’Infocom continuèrent ainsi à bien se vendre pendant plusieurs années, principalement en raison de leur réputation de qualité. Un des facteurs de réussite d’Infocom fut également un marketing intriguant, reposant notamment sur un packaging soigné des produits. Ce dernier incluait une grande boîte cartonnée, facilement identifiable, une « affiche » différente pour chaque jeu, à la manière des affiches de cinéma (et servant d’illustration à la boîte), de luxueux manuels imprimés sur papier glacé, des indices imprimés à utiliser dans le jeu, et même, dans certains cas, des objets (surnommés feelies), utiles dans le jeu.


Cependant, l’apparition des jeux d’aventures graphiques (comme la série King’s Quest de Sierra Entertainment) —puis celle des aventures “point and click” (apparues avec Maniac Mansion, de Lucasfilm Games, en 1987)— drainèrent peu à peu les chances que l’éditeur avait d’accroître sa base de joueurs, sans toutefois éroder celle-ci.

En 1985, Infocom s’essaya au développement d’applications professionnelles en commercialisant un système de bases de données à destination des petites entreprises nommé Cornerstone, mais ce fut un demi-échec. En 1986, pour tenter de résoudre ses problèmes, la société fusionna avec Activision. Ce dernier éditeur, confronté à ses propres problèmes d’adaptation suite à un changement de direction, finit par fermer Infocom en 1989, non sans avoir essuyé auparavant d’importantes pertes financières.

Le nom Zork continua ensuite d’exister dans le catalogue d’Activision, à travers la réédition des principaux titres d’Infocom pendant les années 1990, et grâce au développement et à la commercialisation de quelques nouveaux jeux. La marque Infocom est aujourd’hui la propriété d’une société nommée Omni Consumer Products corporation.


1. Ludographie

  • La série Zork :
    • La trilogie originale de Marc Blank et Dave Lebling) :
      • Zork I: The Great Underground Empire (1980)
      • Zork II: The Wizard of Frobozz (1981)
      • Zork III: The Dungeon Master (1982)
    • La trilogie Enchanter :
      • Enchanter (1983, Marc Blank et Dave Lebling)
      • Sorcerer (1984, Steve Meretzky)
      • Spellbreaker (1985, Dave Lebling)
    • Beyond Zork: The Coconut of Quendor (1987, Brian Moriarty)
    • Zork Zero: The Revenge of Megaboz (1988, Steve Meretzky)
    • Zork: The Undiscovered Underground (1997, Michael Berlyn and Marc Blank)
  • La série Planetfall :
    • Planetfall (1983, Steve Meretzky)
    • Stationfall (1987, Steve Meretzky)
  • Deadline (1982, Marc Blank)
  • Starcross (1982, Dave Lebling)
  • Suspended: A Cryogenic Nightmare (1983, Michael Berlyn)
  • Infidel (1983, Michael Berlyn)
  • The Witness (1983, Stu Galley)
  • Cutthroats (1984, Michael Berlyn & Jerry Wolper)
  • The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy (1984, Steve Meretzky & Douglas Adams)
  • Seastalker (1984, Stu Galley & Jim Lawrence)
  • Suspect (1984, Dave Lebling)
  • A Mind Forever Voyaging (1985, Steve Meretzky)
  • Wishbringer: The Magick Stone of Dreams (1985, Brian Moriarty)
  • Ballyhoo (1986, Jeff O’Neill)
  • Hollywood Hijinx (1986, "Hollywood" Dave Anderson)
  • Leather Goddesses of Phobos (1986, Steve Meretzky)
  • Moonmist (1986, Stu Galley & Jim Lawrence)
  • Trinity (1986, Brian Moriarty)
  • Border Zone (1987, Marc Blank)
  • Bureaucracy (1987, Infocom & Douglas Adams)
  • The Lurking Horror (1987, Dave Lebling)
  • Nord and Bert Couldn’t Make Head or Tail of It (1987, Jeff O’Neill)
  • Plundered Hearts (1987, Amy Briggs)
  • Sherlock: The Riddle of the Crown Jewels (1988, Bob Bates)
  • Arthur: The Quest for Excalibur (1989, Bob Bates)
  • James Clavell’s Shogun (1989, Dave Lebling)
  • Journey (1989, Marc Blank)


2. Référence



Catégorie (1) Référence 
 
Mots-clef 1986  1989  jeu vidéo  USA  éditeurs  1979  Infocom  1977 
Contenu sous droits d'auteur - Dernière mise-à-jour : 2010-09-28 16:13:55

Recommandations

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« Wishbringer, la pierre magique des rêves » est un jeu d’aventure (ou, plus précisément, une fiction interactive en mode texte) dont la difficulté est inférieure à celle des autres productions d’Infocom ; écrit par Brian Moriarty pour servir d’introduction pour de nouveaux joueurs, il comporte 52 lieux et 35 objets différents. C’est un des titres du genre qui a eu le plus de succès (il a été réédité trois fois). La première version, vendue dans la grande boîte cartonnée grise rayée d’Infocom (qui accompagne tous les titres sortis entre 1984 et 1989), contenait un livret d’instructions (et d’indices, intitulé The Legend of Wishbringer), Wishbringer (une fausse pierre phosphorescente), une carte dépliante de Festeron et d’Antharia, et une enveloppe scellée (contenant une lettre servant d’indice pour le jeu).


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Jeu d’aventures (Interactive fiction / Fantasy / Introductory Level) en version originale US pour ordinateurs Apple II et compatibles en disquette 5,25’’ 16 secteurs IZO-API (nécessite 48K de RAM, fonctionne sur Apple II, II+, IIe, IIeuroplus, IIc, IIgs, IIc+).


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Version originale pour Apple Macintosh de ce jeu d'aventure mythique d'Infocom (1984), un des premiers jeux sortis sur cette plateforme.


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Jeu d’aventure mythique en texte seul, portée depuis Mainframe sur micro-ordinateurs par Infocom (1983) : cette version est celle publiée par Commodore Software pour Commodore 64.


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Jeu d'aventure mythique en texte seulement, par Infocom (1983). Version publiée par Commodore.


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Jeu d'aventure mythique d'Infocom dans sa version publiée par Commodore pour C64 (boîte cartonnée illustrée en couleurs, en état d'usage).


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Trinity, écrit par Brian Moriarty et publié par Infocom en 1986, est généralement considéré comme un des meilleurs titres de l’éditeur et, plus généralement, comme un des meilleurs jeux appartenant au genre de la fiction interactive. Celui-ci entraîne votre avatar dans un voyage fantastique à travers le temps et les dimensions qui commence à Londres, lors d’une fin de congés, par une promenade dans les célèbres jardins de Kensington. Il s’agit donc tout à la fois d’un hommage au surréalisme d’outre-Manche, et à l’imaginaire d’un de ses plus grands auteurs.


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Jeu d'aventure mythique en texte seulement, par Infocom (1983). Version publiée par Commodore pour ses ordinateurs C64, dans un étui cartonné rigide aux couleurs de la gamme.


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Version disquette de Deadline, jeu d’aventure mythique[1] d’Infocom qui fut réédité par Commodore Software pour son ordinateur familial C64 en 1984 : il s’agit d’un des premiers titres de fiction interactive (une enquête policière) sortis sur cette plateforme.


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Jeu d’aventure en texte seul, développé et publié originellement par Infocom en 1982, Starcross est le cinquième jeu de l’éditeur. Il reprend les ingrédients qui ont fait le succès de Zork (un interpréteur de texte qui est le meilleur jamais conçu, une dose d’humour importante, et une intrigue captivante qui fait la part belle à l’exploration), mais offre un scénario futuriste qui se déroule en l’an 2186 dans une ceinture d’astéroïdes.