Sega Dreamcast (console de jeux vidéo de sixième génération, 1998-2001)

Sega Dreamcast (console de jeux vidéo de sixième génération, 1998-2001)


Intérêt
La Dreamcast (en Japonais : ドリームキャスト; abr. DC) est une console de jeux vidéo japonaise de sixième génération (à base de processeur 128 bits d’Hitachi). Celle-ci a été conçue, puis commercialisée par SEGA Corporation entre novembre 1998 (date de sa sortie au Japon) et mars 2001 (date de l’abandon par le constructeur du marché des consoles).

D’abord surnommée par ses développeurs Dural (1996), puis Blackbelt ou Katana (ces deux projets internes étant concurrents jusqu’en 1997), la console qui a finalement adopté le nom définitif Dreamcast (qu’on peut traduire en Français par l’expression « diffuseur de rêve ») est emblématique de l’époque : à l’extrême-fin des années 1990, les constructeurs de matériel dédié au jeu vidéo se livrent à une guerre impitoyable pour pouvoir offrir au plus grand nombre la machine la plus puissante, précipitant la venue de la Dreamcast, quatre ans seulement après la sortie de la Saturn. Dans le même temps, le marché historique des bornes d’arcade atteint son apogée : le matériel de la Saturn, directement inspiré des technologies de l’arcade avec ses nombreux composants, coûtait cher, trop cher pour que SEGA puisse s’imposer dans la course aux prix bas. Aux début des années 2000, avec la Dreamcast, le matériel des consoles sert de base à celui des bornes d’arcade (Naomi). Les éditeurs de jeux délaissent les plate-formes les moins répandues pour concentrer tous leurs efforts à séduire le grand public, quite à privilégier des titres populistes. Les budgets en communication et marketing s’envolent, pèsent d’une manière déterminante sur les choix stratégiques des acteurs du marché, ces derniers étant d’ailleurs soumis aux choix de leurs actionnaires. La combinaison de ces différents facteurs, ajoutée à des coûts de développement qui atteignent des sommets, explique à la fois l’incomparable succès de la PlayStation 2, plébiscitée par les médias de masse, et le retrait de SEGA du marché des consoles de jeux vidéo.



La Dreamcast est la dernière console de jeux du constructeur japonais, la société ayant été victime de la lutte avec la concurrence, principalement Nintendo et Sony. C’est en partie pour cette raison, mais surtout grâce au savoir-faire de la firme et grâce aux efforts exceptionnels dont la console bénéficia pour sa logithèque que la Dreamcast est aujourd’hui considérée par les joueurs avertis comme la meilleure machine de jeux de son époque (ce qui fait écho à sa baseline : “The ultimate gaming system”). Elle est également entrée dans l’histoire pour avoir été la première console de jeux vidéo avec un modem intégré : sa venue, incidemment, marque aussi les débuts difficiles de l’ère du jeu vidéo en ligne. Comme toutes les consoles de jeux de sa génération, la Dreamcast a été produite en plusieurs versions, dont les trois principales se distinguent par la provenance des jeux qu’elles acceptent (« zone ») : de couleur blanche et compactes, elles sont d’apparence identique excepté pour ce qui est de leur logo (une spirale, de couleur orange sur les marchés NTSC américain et asiatique, et de couleur bleue sur le marché PAL européen). Leur emballage, celui des logiciels commercialisés, ou encore la connectique fournie avec permettent encore de les distinguer (les consoles vendues en France bénéficient de la meilleure sortie vidéo avec un connecteur Péritel RVB). D’autres versions de Dreamcast, qui ont été fabriquées en série limitée ou en petite quantité, sont aujourd’hui particulièrement recherchées par les collectionneurs : il existe ainsi des Dreamcast de couleur noire (comme la R7), rose, verte ou bleue, à la coque matte, satinée (finition pearl), ou semi-translucide (dénommées skeleton, parce qu’elles laissent apercevoir leurs composants), et des Dreamcast Hello Kitty, Sport ou Claire Redfield (l’héroïne de Resident Evil: Code Veronica)... La plus rare de toutes est la Dreamcast Custom, fabriquée à 78 exemplaires seulement et vendue en direct uniquement au Japon.


Bien qu'elle ait été conçue et fabriquée avant la fin des années 90, il est remarquable que la console n'a que peu « vieilli » sur le plan technique.

Comme son aînée (la Saturn), elle est réputée offrir des conversions de jeux d’arcade « parfaites » : sa technologie pouvait pour ce faire s’appuyer sur celle des bornes produites par SEGA pour les professionnels. En outre, le constructeur a dû déployer des efforts inouïs pour soutenir sa machine, ceci afin de compenser son abandon (relatif) par les éditeurs tiers. Victime, notamment, du marketing agressif de Sony bien relayé par les médias à l’époque, mais aussi des conséquences financières de l’insuccès de son aînée, la Dreamcast a été boycottée par certains grands noms du jeu à sa sortie (Electronic Arts).

C’est justement soucieux de s’éloigner de l’une des raisons de l’insuccès de la Saturn (à savoir, la parfaite connaissance que cette dernière exigeait de ses développeurs), que les développeurs de SEGA avaient fait de la Dreamcast une console compatible Microsoft Windows CE, ce qui la rendait particulièrement simple à programmer et apte à recevoir des conversions rapides de jeux PC : au final, cet avantage lui permit surtout de bénéficier de nombreux développements amateurs, notamment d’émulateurs de consoles, souvent après la fin de sa vie officielle (survenue en mars 2001).

Moins gourmant, quoique plus difficile d’accès, son kit de développement maison lui vaut quelques productions originales inégalées de SEGA, parfois financées à perte : il en résulte des titres somptueux, tels que l’inachevé Shenmue de Yu Susuki, l’auteur d’Out Run (Shen Mue apparaît dans le Guinness Records Book comme le jeu qui a eu le développement le plus cher, soit 70 millions de dollars US) ou, dans une moindre mesure, comme les créations des concepteurs de Sonic (la Sonic Team).

Au Japon, le dernier jeu commercialisé pour Dreamcast est sorti en 2007. Après avoir abandonné sa console, Sega se rapprocha de son côté de Nintendo et adapta certains de ses titres exclusifs pour GameCube, ou pour la XBox de Microsoft.



Le média de la Dreamcast, dénommé GD-Rom, est physiquement similaire à un cédérom, mais il offre des accès jusqu’à six fois plus rapides que le lecteur de la PlayStation 1. Le constructeur demeure en cela fidèle à la tradition japonaise de privilégier les matériels «maison». En contre-partie, contrairement à la console de Sony sortie en 2000 (PlayStation 2), la Dreamcast ne peut lire les DVD, ce qui a pu constituer un frein à son adoption par le grand public (et un avantage pour son concurrent principal). Le GD-Rom s’avère en outre facile à dupliquer sur un simple cédérom, ce qui a rendu la console vulnérable au piratage.

Les contrôleurs de la Dreamcast, qui peuvent être jugés peu ergonomiques en raison de leur taille imposante, sont néanmoins soigneusement pensés : ils permettent par exemple d’effectuer un reset de la console (cette dernière ne possède d’ailleurs pas de bouton prévu à cet effet). Ils regroupent un contrôleur analogique, un pavé numérique, deux gachettes, et un ensemble de quatre boutons disposés en croix et pouvant également faire office de second pavé numérique. Leur design les place ainsi à mi-chemin entre les contrôleurs de cinquième génération (Nintendo 64) et les contrôleurs de la génération suivante, ces derniers se distinguant par la présence de deux contrôleurs analogiques. Cependant, ils acceptent jusqu’à deux unités secondaires enfichables : la première, nommée VM(U) (pour Visual Memory ou Visual Memory Unit aux États-Unis) sert à la fois de carte mémoire et de mini console de jeux grâce à un écran LCD. Un autre kit leur apporte la fonction «vibrante» (le Rumbling Pack, inspiré de la technologie DualShock introduite par Sony pour sa PlayStation). Enfin, des cartes mémoire existent.

Comme la plupart des consoles, la Dreamcast peut en outre être pourvue d’un pistolet, d’un micro, de maracas, et — ce qui est plus original — d’une souris et d’un clavier : ce dernier est utilisé pour naviguer sur Internet, pour jouer en ligne (Phantasy Star online), ou par l’étonnant remake de House of the Dead 2 : Typing of the Dead.


1. Jeux Dreamcast

Il est évidemment difficile et entièrement subjectif de sélectionner une liste d'une douzaine de jeux. Ceux qui suivent sont à notre avis emblématiques de la plate-forme, soit parce qu'ils tirent le meilleur parti technique de la console de Sega, soit parce qu'ils offrent une expérience de jeu remarquable, soit parce qu'ils ont marqué l'histoire du jeu vidéo.

Crazy Taxi (arcade)
Shenmue et Shenmue II (rpg)
Resident Evil: Code Veronica (survival horror)
Skies of Arcadia (rpg)
Jet Set Radio (arcade)
Rez (arcade / arts)
Dead or Alive 2 (beat'em up)
Sonic Adventure (plate-forme)
Soul Calibur (beat'em up)
Virtua Tennis I et II (sport)
Marvel vs Capcom 2 (beat'em up)
Metropolis Street Racer MSR (sport)


2. Spécifications techniques

  • Processeur (CPU) : Hitachi SH-4 de type RISC, contenant une unité de calcul vectoriel 128 bits (fréquence des opérations : 200 MHz 360 MIPS/1.4 GFLOPS)
  • Moteur graphique (GPU) : PowerVR2 DC (capable de tracer plus de 7 millions de polygones par seconde) conçu par NEC/VideoLogic
  • Mémoire : Principale 16 Mo, Vidéo 8 Mo, Sonore 2 Mo.
  • Carte son : Processeur sonore 'Super Intelligent' de Yamaha, contenant un processeur ARM7 32 bits cadencée à 45 MHz (64 canaux stéréo PCM/ADPCM)
  • GD-ROM Drive : Vitesse maximum 12x (lorsqu’il tourne a une vitesse angulaire constante mode-CAV). Le GD-ROM est un type de média d’une capacité de environ 1 Go (soit 112 minutes) spécialement développé par Yamaha.
  • Modem : Modem 56 kbit/s de série sur la console (ou 33 kbit/s pour la version européenne/PAL) ; possibilité de remplacer le modem d’origine pour un Broadband Adapter (modem haut-débit ADSL).
  • Couleurs : Affichage de 16,7 millions de couleurs simultanément


3. Liens et bibliographie



Catégorie (1) Référence 
  Contenu sous droits d'auteur - Dernière mise-à-jour : 2010-10-11 11:13:15

Recommandations

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1 contrôleur officiel Sega pour Dreamcast Dreamcast Controller (*manette) en version européenne PAL-E, neuf, dans sa boîte d’origine bleue et blanche, en excellent état et avec notice. Modèle MK 55100-50.


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1 clavier officiel Sega pour Dreamcast Dreamcast Keyboard 105 touches en version française (clavier AZERTY), neuf, dans sa boîte d’origine bleue et blanche, en excellent état (sans notice). Modèle MK-55162-09.


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1 Vibration Pack, neuf sous blister et en excellent état pour Sega Dreamcast (fin de stock UK, unité de couleur grise). Modèle MK-55154-50.


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1 Visual Memory / Visual Memory Unit (VMU) / Visual Memory System (VMS), neuf dans son emballage d’origine en carton noir et en excellent état pour Sega Dreamcast (fin de stock US, unité de couleur bleue translucide).


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Crazy Taxi est peut-être le titre le plus agréable à jouer et le plus emblématique de l’esprit de la Dreamcast : cette version, signée Hitmaker pour Sega, offre une adaptation parfaite d’une réelle qualité arcade, avec une jouabilité exceptionnelle (et délirante) et, au final, un jeu qui ne se prend pas au sérieux, mais vers lequel on revient inlassablement, pour effectuer une nouvelle course...


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Remarquable beat’em up en 3D, Dead or Alive 2 du Japonais Tecmo (dont le personnage culte est Kasumi), offre sur Dreamcast une expérience de jeu inoubliable, notamment grâce à l’animation sans faute des combattants. Bien que moins souvent cité que SoulCalibur parmi les meilleurs jeux du genre, DoA 2 est, à notre avis, supérieur à ce dernier en raison de sa jouabilité digne de l’arcade. La version US du jeu a été distribuée par Acclaim.


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Jeu qui est simplement la quintessence du beat’em up en 2D (avec des sprites !) sur console, Marvel vs. Capcom 2 (Capcom, 2000) ne s’embarrasse pas d’un scénario complexe, mais juxtapose de nombreuses licences —et non des moindres !— pour permettre aux joueurs d’opposer à peu près tous les héros des jeux vidéo de Capcom (dont, nouveauté oblige, Jill, l’héroïne des Resident Evil) et à peu près tous les super héros de l’éditeur de comics américain Marvel (dont les jubilatoires X-Men).


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Jeu mêlant hip hop, skate et tagging, Jet Set Radio (également connu sous le titre Jet Grind Radio), de Smilebit (2000), est un titres phares de la console de jeux vidéo Sega Dreamcast : ses graphismes en cellshading et sa jouabilité exceptionnelle, digne de l’arcade, expliquent qu’il n’a absolument pas vieilli, et qu’il demeure toujours aussi séduisant.


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Sonic Adventure a repoussé les limites du jeu de plate-formes en trois dimensions à sa sortie sur Dreamcast, en décembre 1998 au Japon. La jouabilité du titre se distingue par sa vitesse (caractéristique majeure de la série), mais aussi par des effets de caméra osés —dont certains furent critiqués— et enfin, en introduisant dans ce type de jeu des phases « d’aventure » offrant plus de liberté aux joueurs.


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Skies of Arcadia est un jeu de rôle japonais dont l’action se déroule dans un monde imaginaire inspiré à la fois de Jules Verne et d’Hayao Miyasaki : les continents, les cités et les fleuves y flottent dans les airs grâce au pouvoir mythique des pierres de lune. Cependant, un empire corrompu, celui des Valuens, règne sans partage sur ce monde aérien. Pirates et mercenaires y sont les seuls héros de la liberté... Développé par le studio Overworks pour Sega, et publié sur Dreamcast en 2001, SoA a également été adapté sur Nintendo GameCube.


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L’histoire a retenu la série des Virtua Tennis, développée par Hitmaker pour SEGA, comme étant celle qui regroupe les meilleurs jeux de simulation de ce sport jamais réalisés. Le premier opus, sorti sur Dreamcast en 2000, avait en outre révolutionné le genre par des graphismes somptueux et par une approche « télé-réaliste ». Si sa 3D a (très) légèrement vieilli (tout en restant des plus agréables à regarder...), le premier Virtual Tennis n’en demeure pas moins un jeu exceptionnel par sa jouabilité. Il constitue, avec sa suite, un des jeux indispensables sur Dreamcast.


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Shenmue est le célèbre jeu de rôle pour Sega Dreamcast dirigé par Yu Susuki (sorti au Japon en 1999 et dans le reste du monde en 2000), dont l’action se déroule en Asie, dans une petite ville de l’archipel nippon, en 1986 : ce jeu époustouflant sur le plan technique offre tout simplement l’environnement de jeu le plus réaliste qu’il a jamais été donné à voir dans un RPG vidéo. Ainsi, son auteur s’offre même le luxe d’y inclure certains de ses jeux passés comme bonus (il suffit, dans le jeu, de visiter une salle d’arcade et d’insérer une pièce dans la machine).


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Dirigé par Yu Susuki, Shenmue II (2000) voit son héros japonais débarquer à Hong Kong, en 1986 : dans cette suite qui offre un environnement encore plus impressionnant que le premier volet (il s’agit tout simplement de la métropole asiatique !), il vous faudra explorer, vivre, travailler, jouer, et progresser dans l’enquête qui avait commencé lors du jeu précédent. Jamais égalé depuis pour la liberté qu’il offre au joueur, Shenmue II (Shen Mue II) est, avec son prédecesseur, un titre indispensable sur Dreamcast, le premier opus n’étant en fait que l’introduction de celui-ci. Si on regrette qu’il n’ait jamais été achevé, l’expérience demeure, simplement, inoubliable. En outre, le jeu figure dans le Guiness Book des records comme le jeu vidéo qui a eu le développement le plus cher de tous les temps (70 000 000 $ US !)


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Crazy Taxi est peut-être le titre le plus agréable à jouer et le plus emblématique de l’esprit de la Dreamcast : cette version, signée Hitmaker pour Sega (2000), offre une adaptation parfaite, d’une réelle qualité arcade et avec une jouabilité exceptionnelle (et délirante). Crazy Taxi est, au final, un jeu qui ne se prend pas au sérieux, mais vers lequel on revient inlassablement, ne serait-ce que pour effectuer une nouvelle course...


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Ikaruga (斑鳩) de Treasure / ESP est un shoot’em up de dernière génération (réalisé en 3D, mais avec un look 2D à défilement vertical) qui a été présenté comme la suite de Radiant Silvergun. Il est des mêmes développeurs que ce dernier (quant à lui disponible sur Saturn), à savoir des anciens de Konami partis créer une petite société nommée Treasure... Les similitudes, toutefois, s’arrêtent là.


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Largement plébiscité comme le meilleur jeu de combat de tous les temps, SoulCalibur, premier d’une série promise à la postérité, tire le meilleur parti de la dernière console de Sega. Ce qui est remarquable dans cette version (l’originale) est ce qui ne se voit pas : la jouabilité atteint des sommets, avec une réactivité aux commandes rarement égalée.